Nous continuons notre tour de Kyoto, au Japon avec le temple du Pavillon d’argent (Ginkaku-ji), de son vrai nom le temple Jisho-ji. Il est souvent comparé à son homologue, le temple du Pavillon d’or (Kinkaku-ji et de son vrai nom Rokuan-ji) et c’est à juste titre. Il peut être intéressant de les visiter dans la même journée pour les comparer. Alors que le pavillon d’or se trouve au nord-ouest de la Kyoto citadine, ancienne capitale impériale, le Pavillon d’argent se trouve en son extrémité nord-est.


Un peu d’Histoire

Le Pavillon d’argent a eu une Histoire plus tourmentée à ses débuts que le Pavillon d’or. Ashikaga Yoshimasa était le huitième shogun de l’époque de Muromachi (1336-1573). Il a vécu de 1435 à 1490 et a exercé le pouvoir de 1449 à 1473. Le shogun voulait égaler la prestance que son grand père avait avec le Pavillon d’or. Il s’est donc fait construire le Pavillon d’argent et y a habité en 1473. Le temple fut totalement achevé en  1482. Il était prévu qu’il soit recouvert d’argent pour en montrer la magnificence et pour rivaliser avec le Pavillon d’or. Pendant ce temps, la guerre civile de succession d’Onin (1467-1477) faisait rage et a empêché cette finition.

Malheureusement… et heureusement d’ailleurs ! Désormais, ce pavillon au bois laqué est devenu symbole de raffinement et de simplicité, à l’opposé de l’éclatant Pavillon d’or, se voulant faste et éclat. Magnifique pour certains, trop clinquant pour d’autres. Après la mort de Yoshimasa en 1490, sa demeure a été converti selon ses désirs en temple bouddhique d’obédience zen. Il fut baptisé du nom de Josho-ji pour être ensuite rebaptisé Jisho-ji en 1591. 

Paradoxalement, le Ginkaku-ji représente la majesté et la décadence des Ashikaga. Majesté car le temple et ses jardins sont magnifiques et représente l’art et l’architecture de l’époque à sa quintessence. Ashikaga Yoshimasa était obnubilé par la poésie, les arts puis la construction de cette demeure, ce qui a abouti à la « culture de la Montagne de l’est », sol en tatami, séparations en cloisons fines, raffinement de la cérémonie du thé. Décadence car pendant que le shogun était déconnecté de la réalité et qu’il récitait ses recueils de poésies, la guerre faisait rage dehors, et ce au sein même de Kyoto.

La guerre d’Onin

Pour vous resituer les faits, Yoshimasa n’avait pas de fils héritier et désigne en 1464 son frère Yoshimi prochain shogun. Finalement, son fils, Yoshihisa, nait l’année suivante et Yoshimasa revient sur sa décision. Le Japon se divise avec notamment le clan Amana partisan du fils et le clan Hosokawa partisan du frère. Le shogun ne prenait alors aucune décision, étant plus préoccupé par les arts. Lorsque Yoshimasa s’est retiré, son fils a bien été intronisé nouveau shogun mais les séquelles étaient là. L’autorité du shogunat était amoindrie. Les seigneurs de guerre, les confréries religieuses, les corporations citadines et les jacqueries paysannes ont dès lors émergé un peu partout au Japon et ce pays a peu à peu sombré dans l’anarchie, dans l’époque des Provinces en guerre.

Et maintenant

Quoiqu’il en soit, le Pavillon d’argent était bien là, installé à Kyoto. Et il était destiné à rester, à résister et à perdurer… Et ce, pour notre plus grand bonheur ! Maintenant, il est ouvert au public, et pour la modique somme de 500 JPY, nous pouvons aller y admirer ce pavillon, ses temples adjacents, ses jardins zen sec de sable puis de nature luxuriante. Enfin, la ville en contrebas s’offre à nous. C’est magnifique ! Vous venez ? Je vous attends.

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